L'EDUCATION NATIONALE, CHEF- D'OEUVRE EN PERIL.
Par André-Louis Alexis
Une
nation comme la France devrait tenir le rang qui était le sien dans le
domaine de l'Education nationale, de la formation des citoyens et de
l'apprentissage. Or, il n'en est rien. Depuis longtemps déjà, tout se
dégrade. Non seulement notre pays régresse fortement dans son aptitude
à former ses élites - et même ses masses - mais encore, il perd
sensiblement du terrain partout, quelques soient les critères de
comparaison, éducatifs, économiques ou sociaux que l'on prenne en
considération.
Cela
devrait faire réfléchir et conduire à réagir avec la plus grande
détermination. Dégringolade dans le classement des performances
économiques par rapport aux autres nations évoluées, incapacité
politique, dette publique affolante, déficit abyssal, gestion démente
ou absurde des affaires de l'Etat, absence totale de réaction, ou de
simples mesures de bon sens devant l'invasion exponentielle des
flux migratoires sont pourtant bien des faits et des
situations qui accusent très sévèrement ceux qui en sont les
responsables !
L'intelligence
et la compétence nationale sont donc déficientes et
totalement prises en défaut avec comme corollaire l'évidence que
la formation, l'enseignement et l'éducation ne remplissent pas du tout
la mission et le rôle que l'on est en droit d'attendre d'eux. Mais,
concentrons-nous sur l'Education nationale car c'est par elle qu'il
faut commencer. En France, nous avons certes de grands esprits,
d'excellents ingénieurs, des savants et des créateurs de génie, des
médecins réputés etc. mais nous manquons cruellement et depuis
longtemps de clairvoyance, de bon sens et de pragmatisme. Cela nous a
bien souvent valu de sévères déboires tout au long des derniers
siècles. Qu'il s'agisse, par exemple, des conflits extérieurs ou
intérieurs qui ont marqué notre histoire. A ce manque de bon sens et de
réalisme s'est souvent ajouté négativement une sensation illusoire que
nous étions forcément et de façon patente les meilleurs et les
plus forts, alors que c'était très loin d'être vrai dans bien des cas.
Certes, il y a eu des périodes de grandeur pendant lesquelles la France
approchait les sommets de la puissance et ceux du rayonnement mondial.
Mais, ces moments de notre Histoire sont - hélas ! - révolus depuis
longtemps. La France d'aujourd'hui se racornie, s'affaiblie, se
tiersmondise. Depuis la Révolution française et notamment sous le règne
récent de nos faux "intellectuels" (qui sont les plus belles
caricatures de l'intelligence idiote, celle qui croit savoir mais ne
comprend rien), nous avons été très souvent persuadés que chaque
individu naissait, ou arrivait en France, avec les mêmes droits,
les mêmes chances et les mêmes possibilités. Pour ce qui est des "mêmes
droits" c'était certes possible, du moins sur le papier. Mais, pour le
reste, quelle utopie ridicule ! Les lois naturelles ne nous obéissent
pas. Certains d'entre nous naissent sous une bonne étoile et d'autres
pas. Et, les meilleurs arrivent avant les moins bons. Mais, les
premiers sont des exemples pour les seconds et ils ont les
droits que confère leur avantage. De même que l'obligation d'aider les
moins bons dans une mesure de solidarité toute raisonnable. Les
meilleurs éléments doivent servir de "moteur" de la société. Il
convient d'encourager l'ensemble des membres d'une société à rechercher
le succès par l'effort et par le travail. Surtout pas par l'assistanat
et par la prise en charge publique de l'inaction. A l'extrême, un
excès de prise en charge et d'assistanat peuvent conduire à la faillite
et à la ruine d'un système. Et, en France, nous n'en sommes pas loin.
Avec
nos bons "intellectuels" dégénérés, avec l'angélisme béat et niais de
nos bonnes âmes, nous avons appelé, promu, régularisé en masse une
immigration multiéthnique hélas très démesurée par rapport à nos
capacités réelles d'assimilation. Une immigration déjà éthniquement
non inassimilable mais plus encore forcément enfermée dans
ses ghettos car non désirée, non acceptée et sans possibilité de
travail. Une immigration dont la vague de fond à totalement sinistré et
déstabilisé un système éducatif déjà faible et déficient. On sait ce
qu'il en est maintenant de tant de nos villes, de nos banlieues et
cités.
Cette
situation catastrophique est directement issue du manque de formation
de l'esprit et du bon sens de nos concitoyens, situation imputable
autant à nos générations qu'à celles qui les ont précédées. Comparées
aux équivalences des meilleurs pays (USA et R.U. notamment) nos grandes
écoles et nos universités sont très mal classées. HEC, numéro 1 en
France de la formation de l'élite des affaires arriverait, disent
certains experts, environ au 80ème rang mondial !
Une
vérité évidente que nous refusons mordicus de voir et d'admettre en
France est que la mondialisation en marche et les évolutions
considérables affectant les domaines des affaires, de l'industrie, de
la science et des technologies imposent à tout citoyen
français de posséder parfaitement l'anglais et de le parler
comme sa seconde langue maternelle. A cette série évidente de raisons
urgentes et concrètes, s'ajoute encore l'obligation absolue que nous
fait notre appartenance à l'Union Européenne de tous parler une
seule seconde langue commune, langue qui, évidemment, ne peut être que
l'anglais, que cela plaise ou non !
Globalement,
il semblerait que chez nous, l'Ecole ait un rôle bien précis
auquel l'Education nationale et la société française semblent ne pas
avoir compris grand-chose. Le premier constat qu'il convient de faire
est très sévère : l'Ecole n'existe en France que 8 mois 1/2 par an
! C'est une très grave aberration. Un élève arrivé en terminale
aura donc passé plus de deux années sans être pris en charge par
le système de notre enseignement ! Que de temps perdu ! Un mois 1/2 à 2
mois de vacances par an, au maximum, suffisent très largement à
l'équilibre psycho-sanitaire des élèves et des enseignants. Il est
facile de comprendre qu'une refonte totale des programmes comme
des méthodes d'enseignement et des activités de formation rendrait
aisément applicable et bénéfique pour tous cette diminution de la
durée aberrante des vacances scolaires.
En
remplaçant l'école actuelle, rébarbative, conformiste, arriérée,
génératrice d'échec et de médiocrité, largement incapable d'apporter la
formation concrète, utile et de bon sens, qui débouche sur de réelles
ouvertures à la vie professionnelle comme à la vie de citoyen tout
simplement, l'Education nationale et l'Ecole rénovées retrouveraient
toute la place - primordiale - qu'elles méritent dans notre société.
Les
premières idées directrices à proposer lors des périodes de réflexions
et de discussion d'une telle étude d'évolution pourraient être :
-
Avoir pour objectif de base d'adapter l'Ecole aux réalités ainsi qu'aux
élèves. Et non pas faire le contraire, comme c'est encore le cas. Cela
passerait aussi, évidemment, par une refonte pratique
et totale de l'orthographe qui dans la langue française est une
nébuleuse d'absurdités et d'illogismes intolérables.
-
Rechercher comment ouvrir l'esprit des élèves et leur démontrer
l'indispensable importance du raisonnement juste et du bon sens.
-
Rechercher comment apporter aux élèves une formation et une éducation
concrètes 100% utiles. C'est-à-dire démontrer qu'on leur apporte
réellement des connaissances enfin utiles et dont ils ont - ou auront-
forcément l'usage. Par exemple, leur apporter des notions pratiques de
droit civil, de droit pénal, leur apprendre et leur rabâcher d'un bout
à l'autre de leur scolarité le Code de la Route. Les familiariser avec
le droit du travail, avec les formalités du citoyen, avec le
fonctionnement des administrations. Nul n'est sensé ignorer la Loi !
Les élèves-citoyens savent que l'Ecole les lance dans la vie sans rien
leur apprendre - ou presque- de tout cela !
-
Par exemple, encore, donner des cours de secourisme et commencer
dès la 6 e, pour les "inaptes" à l'enseignement secondaire, une
évolution immédiate avec bifurcation vers une formation
professionnelle.
-
Insister sur la formation du citoyen. Expliquer sans relâche ce qu'est
la citoyenneté, ce que sont les devoirs civiques, le civisme, les
droits de l'individu mais tout autant ses devoirs de membre d'une
communauté nationale.
-
Rechercher comment alterner très régulièrement les périodes d'efforts
intellectuels, celles d'activités d'éveil, de travaux
pratiques, de sports et activités physiques (qui méritent un
développement considérable) et les séances de vidéo-formation. Ainsi,
bien entendu, que les temps de pose et de distraction.
-
Rechercher à développer l'ouverture sur le monde et sur les autres.
Développer les vidéo-conférences de groupes avec d'autres écoles en
France et à l'étranger.
-
Rechercher sans cesse, en France et partout ailleurs, des exemples de
résultats performants en matière de scolarité, de formation et
d'éducation, les expliquer, les adapter, les mettre en valeur, y
intéresser les élèves.
-
Convaincre les élèves qu'une chose n'est pas mauvaise parce qu'elle est
interdite mais qu'elle est interdite parce qu'elle est mauvaise, dans
leur propre intérêt et pour eux d'abord.
-
Intéresser à tout prix et sans cesse les élèves. Les conduire
à la compétition scolaire et leurs faire jouer ce jeu comme un sport.
-
Dire et démontrer en permanence que la société n'est pas viable
sans le sens civique de chacun et le respect des autres. Que les droits
de l'Homme ont un caractère sacré et incontournable mais que pour y
arriver, il faut indiscutablement commencer par respecter d'abord les
Devoirs de l'Homme dont le premier est de respecter les Droits de
l'Homme de son voisin avant les siens.
-
Enfin, il est indispensable d'apporter l'Espoir et la certitude que
l'Ecole débouche sur quelque chose de positif. Surtout sur un emploi,
sur une formation utile et sur une confiance en soi.
Et, aujourd'hui, on en est très loin. Tout reste donc à reconstruire.
André-louis Alexis
01 02 04